Entretien croisé sur le langage et les organisations

auteurs

  • Mandel Eléonore
  • Thelisson Anne-Sophie

mots-clés

  • Langage
  • Organisation

type de document

ART

résumé

C' est avec plaisir que nous avons saisi toutes les deux l'opportunité de collaborer à ce dossier thématique consacré à Jacques Girin. À travers cette interview croisée, nous partageons avec vous la lecture que chacune de nous deux fait des cinq premiers chapitres de cet ouvrage (Girin, 2016), l'écho qu'ils ont provoqué en nous, au regard de nos thèses et nos réflexions personnelles vis-à-vis d'autres auteurs qui nous inspirent également. ém — Anne-Sophie, ces premiers chapitres de l'ouvrage sur la signification langagière, la formulation et la contextualité t'inspirent plus particulièrement. Pour quelle(s) raison(s) ? ast — J'ai, dans le cadre de ma thèse, investi un terrain d'étude d'une fusion-acquisition entre deux sociétés en m'intéressant plus particulièrement à la période d'intégration post-fusion de la nouvelle organisation pendant deux ans dès la signature de l'opération. L'étude de cas concerne deux sociétés immobilières d'investissement cotées basées à Paris. Une des sociétés emploie 1 700 employés et est une filiale d'un groupe appartenant à l'État, l'autre, constituée de 100 employés, est une filiale d'un groupe européen privé. L'objectif de la fusion-acquisition est de faire de la nouvelle organisation un acteur privé majeur du secteur de l'urbanisme en France ainsi que le leader sur un projet urbanistique d'envergure nationale (appelé dans cette recherche le Projet d'Intérêt National, pour des raisons de confidentialité). Un des premiers éclairages des travaux de Jacques Girin pour ma recherche a été de mesurer à quel point le langage tient une place centrale dans les organisations ainsi que de mieux décrypter son usage. Girin nous rappelle que le langage a une portée différente de celle d'un simple « contenant » de mots. Il implique l'« état » du locuteur et engage la capacité cognitive de son interlocuteur. Par exemple, Girin dissocie la notion de propos, qui « renvoie à une situation particulière dans laquelle les mots et les phrases sont produits ou reçus », de la notion de message qui n'implique que le « matériau linguistique ». Des mots et des phrases sont prononcés (ou écrits) par un locuteur, et entendus (ou lus) par un auditeur (peut-être plusieurs). J'appelle « propos » cette production verbale particulière, et « message langagier », de manière abrégée, « message », ou encore « texte », la succession de signes linguistiques qui le composent. (2016, p. 27)

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